Chasse aux trésors

Mettre un pied devant l’autre devenait une tâche difficile, même supporter cette chaleur ardente semblait être un exploit inhumain, mais pourtant j’avançais, mon sac à dos plein à craquer, une gourde et une besace aussi vide l’une que l’autre. Du sable vient entraver mes pas, comme si ça ne suffisait pas. Je ne peux m’arrêter là, je ne peux faire demi-tour de toute manière, j’ai déjà parcouru la moitié du trajet, aucune ville à l’horizon, juste un désert, du sable à perte de vue.

 

En fait je suis dans une situation plutôt délicate. Je suis endetté jusqu’au cou, et une rumeur parlant d’une relique des plus recherchées au monde s’est ébruitée, elle aurait apparemment été située dans ce désert. Si sa position est si précise, je doute pouvoir m’en emparer en premier, mais qui ne tente rien à rien. J’ignore quelle est cette relique, mais du moment que je peux en tirer profit, le compte y est. Les dunes sont interminables, je ne sais même pas comment je vais faire pour revenir avec la relique. Je laisserais sûrement tout mon matériel là-bas pour ne garder que ce qui m’intéresse.

A ces mots, une ruine vient me titiller l’oeil au-delà de cette dune que je viens de surmonter. On dirait des vestiges, mais on reconnait les bases d’une pyramide, surtout que seul les fondations ne s’en sont pas très bien sorties. La pointe de la pyramide semblait gratter le ciel tellement elle était haute, je me demande comment je n’ai pas pu la voir en arrivant. Sûrement à cause de ces satanées dunes qui me cachaient la vue !

 

Bref, je hâte le pas, qui ne ferait pas pareil en voyant enfin une lueur d’espoir dans ce désert glacial ? Mes outils m’échappent des mains, manque de force à cause du trajet ou peut-être mon impatience, toujours est-il que je passe à la vitesse supérieure. Enfin, ça se trouve, la relique et cette pyramide n’ont absolument rien à voir. Mais bon, quitte à passer par là, autant visiter les lieux, ils abritent peut-être, qui sait, un trésor encore plus inestimable ! J’ai quand même eu la brillante idée d’aspirer un grand coup pour évacuer ma fatigue, mais cette inhalation a eu plus pour effet de me déchirer intérieurement, tellement ma gorge était sèche. Ça devient critique, mais le trésor passe avant mes petits caprices.

Je grimpe les quelques marches pour atteindre l’entrée, en faisant bien attention où je mets les pieds. Je lève la tête, pour faire face à la pyramide, mais mon sourire impatient va être remplaçé par un rictus de déception et de méprise car un tout autre portrait s’offre à moi : celui d’une troupe de chasseur de trésors tout comme moi. Ils avaient déjà fouillé apparemment, mais ils avaient une mine déconfite. Il faut pas être un génie pour comprendre que la pyramide était aussi vide que ma besace. Seule différence entre eux et moi, ils sont sur des fières montures, des chevaux parfaitement lissés, tandis que moi je suis arrivé ici par la seule force de mes jambes. Nul doute qu’ils ont des vivres et de l’eau à foison.

 

Comme s’il savait lire dans les pensées, sans parler, un chasseur de trésors me lance une bouteille d’eau, voyant mon piètre état. Je n’arrive pas à l’attraper, je ne sais même pas comment je tiens encore debout. Je laisse glisser mon sac à dos le long de mon bras, je le dépose par terre, et me baisse pour attraper cette bouteille d’eau. Tâche plutôt pénible, à tel point que ce fut ce même chasseur de trésors qui vient l’achever en ramassant la bouteille pour moi. Inutile de préciser que je l’ai vidée d’une traite. Ces chasseurs sont aussi dépités que moi, et pour me récompenser d’avoir fait tout le trajet à pied, me lègue sans hésiter leurs misérables trouvailles. Je fouille parmi ces dernières, car j’ai toujours dit « Une perle se cache forcément parmi les déchets », et force est de constater que ce dicton est vrai, car quelque chose vient me chatouiller la rétine. Un petit coffret, très modeste, avec une simple gravure d’un monstre bleu, mais la peinture est à moitié partie. On dirait juste une boule de poils défigurée. Cette dernière semblait tenir une pancarte avec quelque chose inscrit dessus, mais le temps a effacé les caractères. J’enlève les loquets qui empêchaient l’ouverture du coffre, et découvre son contenu qui n’est autre que  :

 

The Scholar’s reincarnation 14

En copro avec la Kuma Studio